Malgré son jeune âge, Marc-André Bénard, 31 ans, est employé de la CTMA depuis déjà 10 ans! Le p’tit gars de Pointe-aux-Loups s’est laissé guider par son amour de la mer, nourri depuis qu’il est tout-petit par sa famille de pêcheurs, afin de rejoindre les rangs de la coopérative madelinienne.
Il était clair depuis longtemps pour Marc-André que sa carrière se déroulerait sur l’eau! Il a effectué ses études à l’Institut maritime du Québec, et après un contrat avec le Groupe Desgagnés qui l’a amené dans le Nord canadien, il s’est fait embaucher à la CTMA. Ayant commencé au bas de l’échelle, comme élève-officier, le Madelinot a rapidement gravi les échelons, passant par tous les postes du secteur des ponts : matelot, timonier, troisième puis deuxième officier, pour finalement être premier officier, et ce, depuis 8 ans!
Anecdote touchante, les frères Luc et Jean-Rémi Leblanc, capitaines très appréciés du Madeleine II, étaient voisins d’en face de sa maison d’enfance, et ont gardé Marc-André quand il était petit! « C’est d’eux autres que j’ai pris mon inspiration d’aller à l’institut, et aujourd’hui je suis premier officier et c’est eux qui sont capitaines, on travaille ensemble sur le même bateau », rapporte avec fierté l’homme de la Pointe-aux-Loups.

Amoureux de la mer et de la vie nautique, son rôle de premier officier du Madeleine II le comble par son contact direct avec la nature qu’il aime tant. « Ce que j’aime le plus, c’est être sur l’eau. C’est tellement plaisant quand y fait beau. En plus notre quart de travail c’est de 4h à 8h du matin, pis de 16h à 20h. Faque tu pognes tous les levers de soleil, et tous les couchers de soleil! », confie Marc-André Bénard.
La mer dans l’ADN
Vivant de la pêche depuis plusieurs générations, la famille de Marc-André est propriétaire de plusieurs des 7 homardiers qui œuvrent au quai de Pointe-aux-Loups. Pêchant lui-même sur le Pépé Flo, avec son père Yves Bénard, Marc-André a aussi des oncles et un parrain qui font la pêche. « Notre grand-père s’appelait Florimond, on l’appelait pépé Flo, c’est lui qui avait le permis avant que mon père l’aille », explique le Madelinot.
Comme la pêche est sa passion première, Marc-André est reconnaissant de pouvoir conjuguer sa saison avec son emploi de premier officier. « Les premiers officiers, on est deux semaines on et deux semaines off, donc on travaille 6 mois par année, détaille l’homme de confiance de la CTMA. Je m’organise avec mon collègue qui me remplace pendant le temps de la pêche, et moi j’y fais des semaines plus tard. » D’ailleurs, plusieurs autres employés de la CTMA sont aussi pêcheurs et réussissent à conjuguer les deux métiers.
Rien n’empêche d’ailleurs que le fils Bénard reprenne les pêches de son père d’ici quelques années. Toutefois, son objectif est de demeurer employé de la CTMA, tant et aussi longtemps qu’il pourra combiner ses deux métiers!
Jouer à Tetris au quotidien
Lors de ses deux semaines de travail consécutives, le travail de Marc-André se commence dès 4h du matin. Oui oui, c’est Marc-André qui joue à Tetris à chaque jour afin de réussir à placer tous les véhicules sur les différents ponts! Il se souvient toutefois d’une époque où il faisait l’entièreté du travail à la main, sur une feuille de papier. « C’est pas mal nous autres qui décide les plans de chargement, et ce sont les matelots qui placent les voitures. Quand j’ai commencé à être premier officier sur le Madeleine I, y’avait pas vraiment de logiciel de chargement. Je prenais ma p’tite règle pis j’y allais avec des stylos de couleurs différentes. Avec le nouveau bateau, on a un système informatisé. Ce qui me prenait 30-40 minutes avant me prend 10-15 aujourd’hui. C’est comme un p’tit Tetris », indique M. Bénard, qui vit également une augmentation de sa charge de travail avec l’arrivée des touristes et des chargements d’été.
Comme premier officier, il aussi est responsable de plusieurs aspects de la navigation du Madeleine II, à la timonerie. Il doit s’assurer de la stabilité du navire, et planifier l’entretien des ponts. En tant que chef de département, il coordonne les 25 membres de l’équipage du pont et leurs horaires, en plus de l’organisation des chargements et déchargements des voitures et camions de marchandises.
Le gars de la Pointe-aux-Loups ne cache pas non plus son envie de poursuivre ses études afin de devenir capitaine du Madeleine II. « Éventuellement, j’aimerais passer mon brevet de capitaine. C’est un cheminement continu, avec du temps de mer à effectuer, mais mon temps de mer est déjà fait. Il me resterait trois examens à finir à Transports Canada, pour devenir capitaine », résume-t-il.
Un maudit bon Jack
Celui qui exerce de nombreuses responsabilités au sein de son poste de premier officier gère extrêmement bien son stress, et est reconnu par ses collègues pour être calme et en contrôle. « J’suis pas stressé, la vie est belle! J’aime ma job, j’aime ce que je fais, et j’pense que je suis un bon gars d’équipe aussi. Je trouve que ce qui a le mérite d’être fait doit être bien fait, mais je suis pas trop trop exigeant. Tant que tout le monde est de bonne humeur, moi la vie est belle », exprime avec franchise Marc-André Bénard.
Dans ses temps libres, le natif de Pointe-aux-Loups s’implique bénévolement comme administrateur du Comité des loisirs de son village, depuis maintenant quatre ans. On peut réellement dire qu’il a son île, et son village, tatoués sur le cœur! « J’ai été élevé à la Pointe-aux-Loups, j’ai passé mon enfance ici, je suis revenu y vivre pis je m’y suis acheté une maison. Je pense que la communauté mérite qu’on s’implique. Je fais partie de la dernière gang de jeunes qui ont passé à la Pointe-aux-Loups, après ça y’a eu un 10 ans où y’a pas eu de jeunes. Mais là, y’a des grandes familles qui reviennent s’installer ici, on est rendu avec une quinzaine de jeunes enfants entre 1 et 12 ans. On n’a pas vu ça depuis 10 ans! », s’exclame Marc-André.
